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Interview réalisée par Richard Alvear et Brice Richiero - Publié le 08/03/2013

J. Gachassin : "Un Français va gagner un Grand Chelem en 2013"

Chapô: 

Réélu Président de la Fédération Française de Tennis pour un nouveau mandat de quatre ans le 16 février dernier, Jean Gachassin a reçu Tennisleader pour faire un tour d'horizon des grands dossiers en cours du tennis français et international. 2EME PARTIE de cet entretien : le tennis français, côté sportif.

Jean Gachassin dans son bureau à Roland Garros. Le Président de la Fédération Française de Tennis est optimiste pour le tennis français en 2013 - © Tennisleader
Jean Gachassin dans son bureau à Roland Garros. Le Président de la Fédération Française de Tennis est optimiste pour le tennis français en 2013 - © Tennisleader

Tennisleader : En 2013 cela fera très exactement 30 ans qu'un joueur Français n'a plus gagné un tournoi du Grand Chelem. Comment expliquez-vous cela ?

Jean Gachassin : «Nous ne fêterons pas ces 30 ans car un Français va gagner un Grand Chelem cette saison. Et tant qu’à faire j’espère que ce sera Roland Garros et que la Coupe lui sera remise par Yannick Noah. C’est possible. Pourquoi en sommes- nous là ? Auparavant dans le tennis, il n'y avait que quatre ou cinq nations représentées au plus haut niveau et on retrouvait toujours les mêmes. Désormais il y a une quarantaine de nations qui se sont mises à ce sport et c'est ce que l'on souhaitait avec l’intégration du tennis aux JO. D'ailleurs regardez nous allons jouer contre le Kazakhstan en Fed Cup. J'ai dû regarder sur une carte pour situer le pays (rires). Maintenant il y a beaucoup plus de «bagarre» pour remporter des titres. En plus, les quatre de devants (ndlr : Djokovic, Federer, Murray et Nadal, même si l'Espagnol est 5ème à l'ATP actuellement) ont quasiment été intouchables jusqu'ici. Maintenant cela va peut-être changer avec Federer qui vieillit et les interrogations sur le physique de Nadal. Mais on espère toujours qu'un Français va remporter un tournoi du Grand Chelem rapidement et les surprises sont toujours possibles. »

TL : Qui voyez-vous, chez les Français, gagner un tel titre ?

JG : (Spontané) «Jo Tsonga. C'est celui qui me semble le plus costaud. J'espère que ce sera à Roland Garros évidemment même si ce n'est pas un joueur de terre battue. Mais il nous a étonnés contre Djokovic l'année passée en quart de finale. Il pourra peut-être même enchaîner avec un succès à Wimbledon, pourquoi pas ! »

TL : Globalement comment voyez- vous la saison 2013 des Français ?

JG : «Moi j’ai un objectif c’est celui de gagner la Coupe Davis. On a le potentiel, un bon calendrier et en plus nous bénéficions d'un tableau assez abordable. Les gars ont envie et ils se sont rendus compte que c’était cette année ou l’an prochain qu’ils pouvaient le faire. Avec l'absence de Del Potro, face à l’Argentine c’est du 50/50. Et même s'il y a des blessures chez nous, nous avons de la réserve avec Benneteau, Monfils qui, je l'espère, va rapidement retrouver son niveau. Nous avons aussi Simon, Paire, Chardy... Nous avons une ossature qui tient vraiment la route.»

TL : Vous parliez d'une déception de ne pas avoir remporté la Coupe Davis lors de votre premier mandat. Est-ce un échec de Guy Forget ? Et que peut apporter Arnaud Clément à cette équipe de France ?

JG : «Non ce n’est pas un échec de Guy Forget, qui est un compétiteur, mais il était peut-être au «bout du rouleau». Et, peut-être qu’inconsciemment, il s'est rendu compte qu’avec les joueurs il fallait changer de discours pour les faire réagir. Arnaud Clément est, lui aussi, un compétiteur. Il est arrivé à faire des choses merveilleuses grâce à la niaque, la volonté, l'entraînement…C'est le meilleur exemple pour tous. Et puis c'est un gars bien.»

TL : Le dossier pour trouver une nouvelle date au Masters 1000 de Paris-  Bercy est-il toujours d'actualité ?

JG : «Cette saison, rien ne va changer. En revanche, dès 2014, il y aura une semaine de battement entre le tournoi de Paris-Bercy et le Masters. L'ATP discute toujours pour un changement de dates mais le président de l'ATP, Bob Drewett, qui souhaiterait plutôt février, est actuellement souffrant d’une part, et les joueurs ne sont pas très «chauds», d’autre part. Donc le dossier est quelque peu en stand- bye. Personnellement, j'aime bien novembre car on a Roland Garros au premier semestre et Bercy au second. L’étalement des événements est mieux pour la communication autour du tennis en France et puis pour notre organisation interne. Cela nous permet de bien préparer Roland Garros, de souffler un peu, et de ré- attaquer avec Bercy."

TL : Que pensez-vous des Championnats de France par équipes de première division ?

JG : «Ce Championnat est très important mais on n'en parle pas encore suffisamment car il n'y a pas assez de Français(e)s dans les équipes. Il y a quelques équipes qui jouent le jeu comme le TCP (H&F) et la Villa Primrose (H) par exemple, mais d’autres ne le jouent pas. Dans notre projet sportif, nous allons prochainement exiger qu'au moins deux joueurs Français(e)s jouant avec l’équipe aient été formé(e)s au club. Je me suis inspiré du rugby pour cela. On discute avec les présidents et ils sont plutôt d'accord avec le principe mais il faut encore l'affiner.»

TL : Qui voyez-vous comme Française(s) succéder à Amélie Mauresmo au palmarès d'un tournoi du Grand Chelem ?

JG : «Pour l'instant, cela me paraît compliqué. S'il y en a une qui est peut- être capable d'y arriver c'est Marion Bartoli mais ça va être très difficile. Kristina Mladenovic aussi mais plutôt dans quelques années. C'est dommage que Caroline Garcia stagne car elle a d'énormes qualités. L'encadrement est peut-être pour quelque chose dans son manque de progression mais je ne connais pas les véritables raisons de ses difficultés actuelles.»

TL : L'équipe de France de Fed Cup a été logiquement battue face à l'Allemagne et va devoir disputer un barrage contre le Kazakhstan. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

JG : «Elles ont fait le maximum contre les Allemandes. On se faisait une joie de retrouver Bartoli avec les Bleues malheureusement elle a été malade. Mais si elle est en forme pour la rencontre face au Kazakhstan, on a une vraie chance de se maintenir. Cependant, il faut toujours se méfier des matches de Fed Cup qui réservent souvent des surprises. On est confiants mais ce n’est pas du 80/20 en faveur de la France. Je ne vois pas du tout les Françaises descendre en troisième division et je serais prêt à parier qu'elles se maintiendront. Maintenant arrêtons de jouer sur des surfaces qui semblent nous arranger et qui, finalement, arrangent nos adversaires. Le public sera très important également.»

TL Comment expliquer le retour de Marion Bartoli avec les Bleues ?

JG : «Deux personnes ont joué un rôle très important dans ce retour. D’abord Alexandra Fusai, la responsable du haut niveau féminin français qui a beaucoup travaillé dans l'ombre. Elle était toujours aux côtés de Marion, à son écoute et a tout fait pour ne pas couper les ponts entre elle et la Fédération. Et puis évidemment Amélie Mauresmo. Marion, qui est une femme intelligente, s'est peut-être aussi dit aussi qu'il fallait découvrir autre chose, en matière d’entraînement, pour continuer à avancer dans sa carrière. Pour l’instant Nicolas Perrotte l'accompagne et Gabriel Urpi, probablement, pourrait la suivre aussi très prochainement. Mais elle va réussir car elle est très volontaire. En revanche il n’y a pas de collaboration continue qui est prévue avec Amélie. »

TL : Quels sont, selon vous, les meilleur(e)s espoirs du tennis français de demain ?

JG : «Notre politique est de s'occuper des joueurs qui ont entre 16 et 21 ans et de les aider financièrement car tout cela coûte cher. En plus, on constate que les joueurs éclatent de plus en plus tardivement au plus haut niveau. Il y a beaucoup de jeunes espoirs Français qui sont susceptibles de percer. Je citerais à titre d’exemple Laurent Lokoli ou encore Lucas Pouille, chez les garçons. Du côté des filles, c'est encore un point d'interrogation.»

 

Vos commentaires

"Nous ne fêterons pas ces 30 ans car un Français va gagner un Grand Chelem cette saison." Vous avez l'intention de faire en sorte que Djokovic obtienne la nationalité française ??... Ok, je sors... encore que :-) Sérieusement, M. Gachassin, si votre augure se réalise, il faut vous reconvertir : il paraît que Mme Irma cherche un successeur !
Bilan français en grand chelem masculin: Australian open : 0 victoire en 85 ans (dernier vainqueur=1928 BOROTRA) Roland Garros : 1 victoire (NOAH 2003) en 66 ans ( depuis Marcel BERNARD en 1946) Wimbledon : 0 victoire en 66 ans ( dernier vainqueur=PETRA 1946) US open:0 victoire en 85 ans (dernier vainqueur=1928 COCHET) Depuis 1946 seulement 1 victoire sur 264 GC disputés. Pour la FFT, fédération la plus riche au monde , modèle d'organisation que les autres nations nous envient (sic!) ça fait désordre, non ? La méthode Coué comme dernier recours, jen doute ! A quand une véritable remise en question de vos certitudes, Messieurs les responsables ?