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Brice Richiero - Publié le 05/12/2013

Federer : une saison et des interrogations

Chapô: 

En 2013, Roger Federer a vécu la saison la plus compliquée de sa carrière. Tant au niveau du jeu qu'au niveau des titres, en ne remportant qu'un seul tournoi (Halle) et aucun grand chelem. Tennisleader retrace l'itinéraire cahotique de la saison du plus grand joueur de l'histoire et tente d'évaluer ses capacités de rebond en 2014.

Roger Federer a subi beaucoup de revers en 2013, notamment dans son jardin à Wimbledon  - © DR
Roger Federer a subi beaucoup de revers en 2013, notamment dans son jardin à Wimbledon - © DR

En fin d'année dernière, Roger Federer avait annoncé qu'il allègerait son calendrier pour cette saison 2013 afin de souffler et de se consacrer un peu plus à sa famille. Le pari était forcément risqué mais compréhensible après tant d'années passées à sillonner la planète pour se construire un palmarès aussi gigantesque. Agé de 31 ans au moment de lancer sa saison, le Suisse occupait alors la 2ème place mondiale et semblait encore relativament intouchable, même si des signes avant-coureurs étaient déjà apparus. Malheureusement pour lui, parvenir à rester au contact des tout meilleurs joueurs du monde, qui sont des "monstres" physique, demande beaucoup de travail, de confiance grâce aux résultats et un physique au top. Et le talent, même hors norme et inégalé dans son cas, ne suffit plus à compenser les petits manques observés par ailleurs. Federer a donc choisi, en âme et conscience, de restreindre son nombre de tournois, mais pour le coup cela ne lui a pas vraiment réussi...Explications.

Federer sur courant alternatif

Pour lancer sa saison, Roger Federer prenait des risques en abordant l'Open d'Australie sans aucun match officiel dans les jambes depuis deux mois. Mais bien reposé physiquement, le Suisse réussissait à s'imposer assez tranquillement dans les 1ers tours contre des adversaires jugés plus faibles. Mais dès lors que l'opposition est devenue plus dense, les prémices d'une préparation raccourcie se sont fait ressentir. En quarts, Federer prenait part à l'un des plus beaux matches de l'année face au Français Jo- Wilfried Tsonga qu'il parvenait à battre en cinq sets. Mais en demies, l'Helvète, trop court physiquement, finissait par craquer contre Andy Murray. Rien d'alarmant jusque-là. Cela dit, sa première contre-performance de la saison ne tardait pas à arriver deux semaines plus tard à Rotterdam contre Julien Benneteau. Battu sans démériter ensuite par Tomas Berdych à Dubaï puis par Rafael Nadal en finale à Rome, Federer retombait dans ses travers en quarts à Roland Garros après un match sans inspiration face à Tsonga. Une première partie de saison très mitigée, qui laissait déjà planer quelques doutes sur la capacité du Suisse à revenir à son meilleur niveau pour la suite.

L'été de tous les doutes

Roger Federer retrouvait enfin le gazon, l'une de ses surfaces de prédilection, et sur laquelle il a tant brillé par le passé. Lauréat pour la sixième fois à Halle, le recordman de titres en Grands Chelems (17) arrivait à Londres avec l'espoir d'inscrire une huitième fois son nom au palmarès de Wimbledon. Mais Federer "offrait" au fervent public londonien une bien mauvaise surprise en s'inclinant dès le 2ème tour contre Sergiy Stakhovsky, à la surprise générale. Une défaite aux conséquences désastreuse sur la confiance du Suisse puisque Federer, encore sonné, reprogrammait à la hate un retour sur terre battue. Il enchaînait alors deux "contre" de suite en juillet. D'abord à Hambourg, handicapé par des problèmes de dos, face au modeste Argentin Federico Delbonis, puis d'entrée devant son public à Gstaad contre Daniel Brands. Gros coup de massue. Le Suisse retrouvait provisoirement la lumière en accrochant Nadal à Cincinnati avant, une nouvelle fois, de trébucher lourdement en huitièmes à l'US Open devant Tommy Robredo. Alors totalement dans le brouillard, l'ancien numéro un mondial cédait contre un troisième Français en 2013, Gaël Monfils, du côté de Shanghai.

Du mieux en fin de saison

Son retour chez lui à Bâle semblait lui avoir fait le plus grand bien même s'il devait s'incliner une nouvelle fois en finale contre Juan Martin Del Potro. Le Suisse prenait d'ailleurs sa revanche sur l'Argentin quelques jours plus tard à Paris-Bercy, bousculant ensuite Novak Djokovic en demies pour finalement céder en trois manches. Son billet en poche pour le Masters, même s'il fut plus difficile à décrocher qu'à l'habitude, Federer réalisait une semaine honorable au tournoi des Maîtres. Mais une fois encore il était stoppé dans son élan par Nadal en demi-finale pour la quatrième fois de l'année. Après avoir connu des hauts et des bas, Roger Federer terminait sa saison par une note plutôt correcte. Mais, en ne remportant qu'un seul tournoi et aucun "majeur" (ndlr : comme en 2011), sa grande irrégularité lui aura coûté quatre places au classement ATP. Désormais l'ancien N°1 mondial pointe au 6ème rang mondial. (à voir : classement ATP)

Que peut-il espérer de 2014 ?

Place très bientôt à la nouvelle saison 2014 avec des objectifs plutôt osés dans la tête de Federer qui souhaite (logiquement) continuer à garnir sa vitrine à trophées."Maintenant je me tourne vers 2014. Mon but est de gagner au moins cinq titres. Le classement est désormais moins important.", déclarait-il à la fin du Masters. Un défi qui s'annonce ardu pour le Suisse, toujours capable bien sûr de s'illustrer dans ses tournois fétiches que sont Halle ou Bâle. Pour le reste (Masters 1000 et Grand Chelem), il devra, à la fois retrouver de la constance face aux plus forts, compter sur des tableaux favorables et aussi une petite baisse de régime de l'infernal duo Djokovic- Nadal, très au-dessus du lot. Pas simple, surtout en grand chelem, à part peut- être dans son ex- jardin de Wimbledon; L'endroit où il a le plus de chances de remporter un "majeur". Mais pour rebondir et revenir au contact des meilleurs, il va devoir "faire peur" de nouveau et commencer fort sa saison 2014; Ce qui passe par un excellent résultat à l'Open d'Australie (finale au moins). Sur le plan physique, il lui reste à espérer de ne plus avoir ses problèmes de dos qui lui ont pourri cette saison. Cela dit il va lui falloir également retrouver son petit jeu de jambes et donc une meilleure qualité d'appuis à l'impact, afin d'éviter des fautes grossières de coup droit ou en revers, de plus en plus nombreuses. L'endurance sera également primordiale, et pas qu'au meilleur des 5 sets, pour tenir la cadence face aux véritables marathoniens des courts que sont Djokovic, Nadal et Murray. Tactiquement, il aurait également probablement beaucoup à gagner en "écourtant" et en venant conclure au filet aussi souvent que possible, comme à ses plus beaux jours. Enfin son rebond au niveau des résultats passera aussi par un meilleur pourcentage de premières. Un secteur où il a été moins performant cette saison. Côté talent et génie, en revanche, tout est intact. Le Maître devrait donc en 2014 continuer à gratifier le circuit et les fans, de ses plus belles inspirations. 

Vos commentaires

Il est étonnant de prétendre analyser la saison 2013 de Federer sans mentionner ne serait-ce qu'une seule fois ses problèmes de dos. Ils étaient pourtant criants et expliquent pour une bonne partie ses résultats. Il est étonnant que dès qu'un Nadal a des résultats un peu moyens on évoque direct d'eventuels problèmes de genou mais quand il s'agit de Federer on ne fait pas du tout état. Contrairement à d'autres, il ne fait pas venir le kiné pour un oui ou pour un non, ni n'abandonne en cours de matchs. Pourtant il n'y a qu'à voir sa façon de marcher, de se déplacer, de servir sur nombre de matchs cette année pour s'en rendre compte. Vous croyez vraiment qu'il passe tout un set debout à chaque changement de côté comme ce fut le cas à Hambourg juste pour le fun?
Excellente remarque et oubli (corrigé) de notre part. Les internautes sont (aussi) là pour nous pousser à nous améliorer. Merci de votre commentaire
Je vous en prie. Merci d'en avoir pris compte