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ATP

Brice Richiero - Publié le 18/03/2013

Un Nadal trois étoiles !

Chapô: 

Troisième titre à Indian Wells et troisième sacre depuis son retour de blessure pour Rafael Nadal. L'Espagnol a vaincu l'Argentin Juan Martin Del Potro en finale (4/6 6/3 6/4) ce dimanche et compte désormais 53 titres à son actif. Il a également remporté son 600ème match sur le circuit.

Rafael Nadal vainqueur du Masters 1000 d'Indian Wells après sa victoire sur Del Potro - © DR
Rafael Nadal vainqueur du Masters 1000 d'Indian Wells après sa victoire sur Del Potro - © DR

Il était difficile d'imaginer un retour aussi fracassant de Rafael Nadal après une si longue absence de sept mois. Déjà auteur d'une bonne reprise lors de sa tournée en Amérique du Sud, l'Espagnol est encore monté d'un cran à l'occasion de son premier tournoi sur dur depuis ce même tournoi d'Indian Wells en 2012. D'ailleurs, le Majorquin n'espérait peut-être pas connaître une telle réussite dans ce tableau, souhaitant avant tout reprendre ses repères sur la surface. Et pourtant, c'est bien lui s'est emparé du trophée après sa victoire en finale face à Juan Martin Del Potro, atteignant au passage sa 600ème victoire sur le circuit professionnel. L'Argentin avait renversé Andy Murray en quarts puis Novak Djokovic en demies mais a, cette fois-ci, du plier sous les coups de boutoirs du nouveau N°4 mondial. Une rencontre bouclée en 2h30 de jeu durant laquelle Del Potro semblait très bien parti avant de plier sous la réaction de champion du Taureau de Manacor (4/6 6/3 6/4). Mené 4/6 1/3, Nadal a décidé de passer à la vitesse supérieure pour s'emparer de onze des quinze derniers jeux du match. Avec cette victoire incroyable, Nadal totalise à présent 53 titres en carrière, dont 22 en Masters 1000. C'est aussi la troisième fois qu'il se voit couronner à Indian Wells après 2007 et 2009.

Del Potro a pourtant tout tenté

Nadal entre bien dans sa finale et empoche les trois premiers jeux du match (3/0). Mais une fois relâché, Del Potro est un tout autre joueur et le prouve et comblant son retard avec panache (3/3). Dans son élan, l'Argentin ne rate plus rien et fait à nouveau le break avant de servir pour le gain du set (4/5). Sur sa troisième occasion, le 7ème joueur mondial prend une première option à la victoire (4/6). Celle-ci se précise un peu plus encore lorsque ce dernier s'empare d'entrée de la mise en jeu adverse (1/3). Mais un gros passage à vide de Del Potro remet Nadal dans le droit chemin. Un vrai tournant dans cette finale puisque la physionomie de la rencontre s'inverse complètement. Déchainé, l'Espagnol atomise son adversaire à l'aide de ses fameux coups droits long de ligne et gagne les cinq derniers jeux du deuxième set (6/3). À la limite d'exploser physiquement, la Tour de Tandil cède son engagement rapidement (3/1). Mais lors de ses deux précédents tours, Del Potro a prouvé qu'il pouvait revenir grâce à son mental. Malheureusement, Nadal ne lui en laisse pas l'opportunité puisqu'il parvient à tenir cette avance jusqu'à la fin de la rencontre. Le Majorquin s'offre même trois balles de match en retour mais doit patienter jusqu'à son jeu de service suivant pour l'emporter (6/4). Allongé sur le court central d'Indian Wells, Nadal semble vivre cette victoire comme à ses débuts. Les deux latins se congratulent chaudement mais Del Potro ne peut s'empêcher de fondre en larmes sur sa chaise. À l'inverse, Nadal explose de joie en compagnie de ses proches parmi lesquels ne figurait pas Toni, son oncle et entraîneur de toujours.

Vos commentaires

"Avec cette victoire incroyable [...]" : incroyable, c'est bien le terme qui convient - c'est d'ailleurs un des termes favoris du Majorquin. Certes, Del Potro a accusé le coup physiquement à partir de 3-1 dans le 2ème set ; mais de la part d'un joueur qui multiplie les déclarations relatives à ses "blessures", à son incertitude quant à son niveau de jeu... on commence à être habitués. Sacrée "anxiété" - ou pas - que celle de Nadal. On peut comprendre la déception d'un Del Potro, passé à deux doigts de son premier Masters 1000, en éliminant au passage les n° 1 et 3... une prochaine fois, ça passera.
Au delà de la confiance qu'il donne forcément à Nadal ce retour fracassant après 7 mois d'absence apporte une réponse décisive aux soupçons de dopage qui ont courus sur lui. La thèse selon laquelle il se serait mis au vert pour effacer toute trace de produit illicite en prend un coup. Si c'était le cas comment expliquer qu'il revienne aussi vite à un tel niveau...et sans produit ? Non messieurs Noah et Rochus, vos soupçons relayés par des médias complaisants ont des relents nauséabonds. Sauf à penser que les chimistes espagnols détiendraient la formule de la potion idéale, celle qui permettrait maintenant de gagner sans s'entrainer... Autant dire qu'on est pas loin la publication d'une nouvelle version d'Astérix chez les Ibères dans laquelle Panoramix, lassé de la médisance de ses compatriotes, aurait décidé de prendre sa retraite au soleil Manacor. Plus sérieusement, faute de preuve, la planche du dopage devient vite savonneuse. Il vaut mieux chercher ailleurs pour comprendre le phénomène Nadal. Car d'autres preuves existent, bien réelles celles-là et vérifiables par tous, pour qui prend le temps de regarder soigneusement la réalité de son jeu en face. Lentement et sans a-priori. Au delà du volume du biceps gauche qui orne la vitrine si on faisait un tour dans l'arrière-boutique ? Pour mieux comprendre baissez le son et gommez le joueur si vous ne le supportez pas. Contentez-vous de regarder la distribution des trajectoires et des zones...le tout relié au score. Si vous faites cet effort, l'intelligence du marionnettiste ainsi que sa grande humilité et sa juste connaissance des autres vous sautera aux yeux. Pas de doute ce joueur abat ses cartes comme personne et comme le dit Maître Fédérer lui-même, Rafa est un joueur spécial qui pratique un tennis unique et dont toutes les balles sont chargées d'intention. Du haut de ses 17 GC on peut lui faire confiance, non ? Or contrairement à la blessure physique qui condamne le corps au repos, l'intelligence, elle, ne souffre pas du manque de match. Un genou douloureux peut laisser plus de temps pour la gamberge. Et je ne serais pas étonné que le Rafa, motivé comme il l'est depuis toujours, ait su "profiter" ainsi de cette blessure. Une fois son terrible handicap surmonté son sourire après sa victoire avait quelque chose de si lumineux que je l'ai plus vu en train de tutoyer les anges qu'en train de remercier les démons de la chimie pervertie. Mais ça n'engage que moi.