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Challengers

Jules Virique - Publié le 21/07/2014

Didier Gérard : "C'est un boulot de dingue"

Chapô: 

L'Open d'Orléans, est le plus important des tournois Challengers organisé en France. Pour sa 10ème édition qui aura lieu du 22 au 28 septembre prochain, Tennisleader fait le point avec son créateur et organisateur, Didier Gérard, qui nous parle de son tournoi et de ses coulisses.

En l'espace de 10 ans, Didier Gérard a fait de l'Open D'Orléans le plus gros Challenger Français - © Philippe Montigny
En l'espace de 10 ans, Didier Gérard a fait de l'Open D'Orléans le plus gros Challenger Français - © Philippe Montigny

Q/ Tennisleader : «Comment avez-vous démarré et comment êtes- vous organisé ?»
Didier Gérard
 : «En 2004, j’ai démarré tout seul avec des bénévoles. J’ai pris une collaboratrice à plein temps au bout de 3 ans, et un 2e collaborateur au bout de 4 ans. Depuis 6 ans, on est donc 3 à plein temps pour gérer uniquement la semaine de l’Open d’Orléans (22-28 Sept 2014). Il faut savoir que l’on travaille 51 semaines pour une semaine de résultat pendant laquelle on peut montrer de quoi l’on est capable. Durant l’année, viennent se rajouter une douzaine de bénévoles pour organiser le tournoi, c’est le comité de direction. Puis le jour J, 150 bénévoles viennent étoffer l’équipe pour gérer tous les services, plus 140 personnes pour les services externes (traiteur, sécurité…). Ce qui est compliqué c’est de gérer une entreprise de 3 sur 51 semaines et de 300 sur une semaine.»

Q/ TL : «Pourquoi avoir choisi la ville d’Orléans au démarrage ?»
DG :
 «En 2004, je cherchais une ville importante sur le plan économique et d’au moins 100 000 habitants, à moins de 150km de Paris pour pouvoir dire à un joueur : «Tu arrives de Tokyo à Paris, on vient te chercher en voiture avec chauffeur et 1h30 après tu es dans le Palais des sports d’Orléans». Le deuxième critère était qu’il ne se passe rien sportivement parlant dans cette ville. A l’époque, en 2005, il n’y avait ici ni de L1 de foot, ni de Top 14 en rugby et pas de Pro A de basket. Trois villes répondaient à ces critères : Orléans, Reims et Rouen. J’ai choisi Orléans car mon frère y habite et que j’habitais à l’époque Paris Sud donc Orléans était le plus proche.»

Q/ TL : «Qu’est ce qui fait qu’un Challenger fonctionne ? Et comment le tournoi est-il passé d’un ATP 75 à un ATP 125 ?»
DG :
 « C’est simple, ce sont les partenaires. Quand on passe de 70/80 à 120/130/140 partenaires, l’apport d’argent permet cela. Comment les attirer ? Grâce aux autres. Comme les 75 premiers étaient contents des prestations, de l’organisation et de l’ambiance qui y régnait, j’ai pu en conquérir d’autres.»

Q/ TL : «Sébastien Grosjean est très présent, quel est son rôle exactement ?»
DG :
 «C’est l’ambassadeur du tournoi et il a un double rôle : A l’année, il représente le tournoi car les gens savent qu’il travaille pour l’Open. Puis il est avec moi pendant le tournoi. Il travaille à l’accueil des joueurs et discutent avec eux. D'autre part, il m’aide à recevoir et à animer les espaces VIP pour les entreprises.»

Q/ TL : «Combien avez-vous de partenaires au total ?»
DG :
 «147 cette année (ndlr : en 2014), ça ne varie pas beaucoup car on est au maximum.»

Q/ TL : «Quelles sont les principales sources de recettes du tournoi ?»
DG
: « La billetterie ne représente que 5% de mon budget. Les quatre collectivités (ndlr : La région, le département, la communauté d’agglomération et la ville), 12%. Elles achètent des prestations de services, comme les partenaires privés. Le package «Gold» coûte 66 000€ HT pour tout le monde. Le but est que les partenaires privés ou publics paient la même chose et bénéficient des mêmes prestations. La seule subvention que j’ai vient de la FFT (moins de 1% des recettes) et 82% des revenus proviennent des partenaires privés.»

Q/ TL : «Qu’en est-il de la couverture médias ?»
DG
 : «Les partenariats se réduisent car il y a moins d’argent. On les a tous (ndlr : La République du Centre, les radios France Bleu et Vibration), mais c’est compliqué.»

Q/ TL : «Passer du statut de challenger à ATP 250, constitue t-il un objectif pour vous ?»
DG :
 «Non. Il faut savoir que l’équilibre financier d’un tournoi Challenger est très précaire. Ensuite, Orléans qui possède le plus gros Challenger au monde (ndlr : 106 500 Euros de dotation globale), c’est déjà une belle performance. Je préfère avoir le plus gros Challenger français au monde plutôt que de me lancer dans une aventure incertaine et que dans 2 ou 3 ans j’annonce la fin de l’Open d’Orléans. Grosso modo, il faudrait que je trouve 3 millions d’Euros pour le rachat de la licence (ndlr : pour avoir une date dans le calendrier) et la hausse de la dotation du tournoi, ça ne deviendrait vraiment pas raisonnable.»

Q/ TL : «Vous vous attendiez à une telle réussite ?»
DG :
 «Non, pas du tout. Pour être honnête, je ne m’attendais pas du tout à autant de travail. Je m’occupe évidemment du sportif mais également de la communication, du commercial et aussi du réceptif. C’est un boulot de dingue ! Il faut le voir pour le croire.»

Q/ TL : «Est-ce plus simple qu’avant de faire venir les meilleurs joueurs ?»
DG : «Oui c’est plus simple dans le sens où ils savent que l’Open d’Orléans est un tournoi de niveau ATP 250. Ils me le disent. La seule différence, c’est que je n’ai pas le prize money (ndlr : la dotation sur le plan financier), mais au niveau de l’infrastructure c’est pareil : un stade de plus de 3000 places, 4 kinés, 12 BMW avec chauffeurs, un hôtel 4 étoiles avec piscine, on est à 1h de Paris, plusieurs restaurants etc…»

Q/ TL : «Quelles seront les têtes d’affiche cette année ?»
DG
 : « Michaël Llodra (ndlr : 200ème ATP, 23ème en 2010) car il arrête sa carrière à la 2014. Il sait donc quels tournois il veut jouer. C’est un cas particulier. Les autres joueurs ne disent rien car ils ne savent pas où ils en seront vu les gros tournois qui nous précèdent (Ndlr : deux Masters 1000 aux EU et l’US Open). Pour l’instant, ça ne sert donc à rien de faire des plans sur la comète mais on prend des contacts, on fait des projets.»