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Coupe Davis

Richard Alvear - Publié le 08/04/2013

Une élimination et des questions

Chapô: 

Une nouvelle fois, comme en 2012, l'Equipe de France de Coupe Davis s'est inclinée de manière prématurée au stade des quarts de finale alors qu'elle semblait pourvoir continuer son parcours et peut- être même aller au bout. Pourquoi ? comment ? Tennisleader livre son analyse.

Après 2012 face aux EU, l'équipe de France dit déjà bye bye à la Coupe Davis dès les quarts de finale  - © Sipa
Après 2012 face aux EU, l'équipe de France dit déjà bye bye à la Coupe Davis dès les quarts de finale - © Sipa

L'Equipe de France avait- elle les moyens de l'emporter ? OUI

Avec un Juan Martin Del Potro absent, alors qu'il est actuellement 7ème joueur mondial, un Juan Monaco en pleine crise de confiance (aucune victoire sur le circuit en 2013) et un David Nalbandian réservé uniquement pour le double, la chance pour l'équipe de France de passer ce tour était unique. Même avec la défection de Richard Gasquet, sur la valeur intrinsèque et sur le papier, cette équipe avait parfaitement les moyens de l'emporter et accéder aux demies.

Les Français sont- ils arrivés bien préparés ? OUI et NON

Sur le plan physique et mental, les joueurs Français retenus sont arrivés dans de bonnes conditions au sortir de la campagne américaine de mars lors des Masters 1000 d'Indian Wells et de Miami. A l'exception, hélas, du joueur N°2 Richard Gasquet, handicapé physiquement par un problème récurrent à la cheville droite et des ampoules qui l'ont obligé à déclarer forfait. Sur place la préparation s'est bien déroulée à part quelques problèmes dûs à la pluie. Donc de ce point de vue les joueurs étaient tous en bonne condition. En revanche aucun d'entre eux n'avaient joué récemment sur terre battue, à l'inverse des Argentins qui, eux, sont "nés" sur terre battue et qui, de surcroît, avaient tous disputés, parfois avec succès (victoire de Horacio Zeballos sur Rafael Nadal en final de Vina Del Mar), la tournée Sud- Américaine sur cette surface.

La défection de Gasquet a t-elle pesé dans le résultat final ? OUI

Qu'on le veuille ou non, la défection du Biterrois a été un trop grand handicap pour l'équipe de France même si au vu des classements de son remplaçant Gilles Simon aurait pu au moins rapporter un point. Etincelant depuis le début de la saison avec deux tournois remportés (Doha, Open Sud) et un excellent Masters 1000 à Miami, plus fort mentalement et à l'aise sur terre battue, l'actuel N°9 mondial s'en serait probablement mieux tiré. Oui mais voilà...

Terre battue, terre maudite ? OUI

Déjà défaits l'an passé au même stade de la compétition à Monte- Carlo, face aux EU, on ne peut pas dire que l'équipe de France brille sur cette surface ces derniers temps. A la fois pour le manque de préparation évoqué ci-dessus mais également du fait du profil de joueurs. Un Tsonga, même s'il a remporté ses deux points, est nettement meilleur sur dur. Llodra également.

Gilles Simon a t'il l'étoffe pour jouer en Coupe Davis ? PAS ENCORE

Le Niçois n'est pas encore taillé pour disputer des matchs à très fort enjeu, et donc avec une grosse pression mentale,...avec l'équipe nationale ce qui n'est le cas sur le circuit. Les statistiques parlent d'elle : Il a perdu ses deux matchs à Buenos Aires en ne remportant qu'un pauvre petit set. En 9 matchs à enjeu en Coupe Davis, il en a perdu 8 ! Son engagement et sa volonté de bien faire ne sont pas en cause. Mais une fois encore, il s'est liquéfié face à Carlos Berlocq, simple 71ème joueur mondial, et à la pression du public. Il a failli dans le money time des sets et a adopté une tactique beaucoup trop frileuse alors qu'il fallait aller chercher la gagne en pratiquant un tennis plus agressif. Ce qu'a parfaitement su faire Berlocq.

Les Français ont- ils eu assez de mental ? NON

A part Tsonga, irréprochable en remportant ses deux points, notamment face à Monaco qu'il a broyé grâce à son tennis agressif, aussi bien la paire de double Llodra/ Benneteau que Gilles Simon n'ont été à la hauteur dans ce domaine. Ils ont très mal géré les temps forts et laissé revenir leurs adversaires dans les sets et, hélas, mal gérés les temps faibles.

La perte du double a t'elle été l'élément clé ? OUI

On connait l'importance de ce fameux 3ème point pour tourner à 2/1. Dès lors que le point du double était perdu, il était clair que les Argentins avaient "le vent dans le dos" et que ce serait extrêmement difficile. Statististiquement les Français n'avaient que 16% de chances de l'emporter.

Le public argentin, le 6ème homme ? OUI

On le savait l'ambiance du Parqué Roca est (presque) digne du célèbre stade de la Bombonera de la Boca, les "papelitos" et les fumigènes en moins. Dans le seconde partie du match de double et dans le match de Gilles Simon face à Berlocq, notamment, le public a joué un rôle primordial. Et la petite centaine de supporters français n'a rien pu y faire.

Arnaud Clément a t-il fait les bons choix ? A PRIORI OUI

A partir du moment où Gasquet était forfait, son choix pour le "deuxième homme" en simple était réduit : Simon ou Benneteau, sachant que Llodra ne pouvait postuler à cause de la surface. Il a choisi logiquement la "sécurité" avec Simon, 13ème joueur mondial, au lieu de Benneteau, 27ème qui offrait moins de garantie, à fortiori après la perte du double du samedi. N'oublions pas non plus que Julien Benneteau dans les matchs à enjeu sur le circuit a perdu ses 8 finales de tournois ATP sur les 8 qu'il a disputées. Or ce 5ème match était bien une finale et cela a certainement compté dans la tête de Clément au moment de faire son choix.

 

 

Vos commentaires

Pas d'accord sur plusieurs points : (manque les renvois à la ligne...) - les Français partaient avec des handicaps : la surface, le manque de préparation, le public vraiment limite - la terre battue lente, ce n'est décidément pas le truc des Français en général - G. Simon en particulier lui préfère les surfaces plus rapides, où la puissance est un élément moins important - certes Bennet' a eu 8 échecs en finale ATP, mais il a eu de meilleurs résultats à RG que Simon ! - Simon est fort plutôt mentalement quand il joue sur le circuit, en EDF c'est moins patent mais il est tout à son honneur d'avoir accepté de jouer ce match dans des conditions défavorables pour lui (surface & adversaire)... on ne peut passer sous silence le calibre de ses adversaires et le contexte (matchs à l'extérieur) quand on fait son bilan en CD (de ce pdv la comparaison avec Tsonga est édifiante) - Gasquet n'a pas joué du WE, pourquoi, alors qu'il disait n'avoir besoin que d'une journée de soins après Miami ? Il est évident que dans ces conditions de jeu, ses chances de gagner face à Berlocq étaient nettement meilleures... alors, mauvais choix de Clément ou Richard s'est-il "défilé" ?... si oui pourquoi ? tout cela appelle éclaircissements... - l'échec est autant le fait de la paire Llodra-Benneteau que celle de Simon !! - Sur terre battue à l'avenir, Chardy est une option à envisager sérieusement... et de façon plus générale, la seule approche par le rang à l'ATP n'est pas suffisante, de même que la sélection systématique de Llodra en double - bien sûr cela s'est joué à peu de choses, mais si ce genre d'échec devait se reproduire, il faudrait clairement remettre en cause le capitaine.