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Coupe Davis

Maxime Prévost - Publié le 24/11/2014

Les raisons de l'échec des Bleus

Chapô: 

La France s'est inclinée très sèchement en finale de la Coupe Davis ce week-end face à la Suisse, et ce pour la 3ème fois consécutive après 2002 et 2010. Si le résultat final est logique, la manière laisse plus que perplexe. A l'exception de Gaël Monfils et de Julien Benneteau, exemplaires, les Bleus ne sont jamais vraiment entrés dans cette finale. Tentative d'explications.

A Lille, Jo-Wilfried Tsonga n'a pas été le leader espéré dans cette finale de Coupe Davis - © Icon Sports
A Lille, Jo-Wilfried Tsonga n'a pas été le leader espéré dans cette finale de Coupe Davis - © Icon Sports

Les joueurs Suisses à leur meilleur niveau
On les annonçait moribonds, ils ont été extraordinaires ! Lorsque lundi dernier l'équipe Suisse de Severin Lüthi débarque à Lille, c'est dans un contexte très lourd. Roger Federer et Stan Wawrinka ont joué le samedi soir une demi-finale de Masters qui a en effet laissé des traces : une blessure au dos et un abandon juste avant la finale du Masters pour Federer; Un moral au plus bas pour Wawrinka vaincu et un accrochage entre les deux joueurs à propos de la désormais célèbre "affaire Mirka". Sauf que les Suisses vont gérer ces problèmes en champions, en lavant leur linge sale en famille. Bien loin de la pression médiatique leur illustre leader se soigne et se prépare dans de bonnes conditions, ce qu'explique parfaitement Wawrinka :" il y avait des pages sur une crise entre nous, sur le dos de Roger. Pour les Français, tout était parfait et finalement sur le terrain, c'est l'inverse qui s'est passé. Parce que nous avons géré notre équipe comme nous savons le faire, avec des échanges au calme en dehors pour donner le maximum sur le terrain ensuite". Effectivement on a vu le résultat avec un Wawrinka énorme en simple et en double et Federer magistral face à Gasquet. Du travail d'orfèvres et un vrai mental de champions.

Pas de leader côté Bleus
Quelles qu'en soient les raisons, à Lille la France a joué sans leader d'équipe. Et rien que pour cela, le trophée devenait quasi impossible à remporter. Il est vrai que Jo-Wilfried Tsonga, qui ne cessait de répéter que la Coupe Davis le faisait se lever le matin pour aller jouer au tennis, n'a pu défendre ses chances à cause de sa blessure au coude le samedi et le dimanche. Mais le vendredi, lors du premier simple face à Stan Wawrinka et alors qu'il était en totale possession de ses moyens, il a donné le ton d'entrée, si l'on peut dire. Et il n'a pas été à la hauteur de l'évènement. Battu assez sèchement (1/6 6/3 3/3 2/6), il a, en plus, après ce match, fait une sortie remarquée et plutôt mal calculée devant les médias en fustigeant une partie du public qui ne l'avait, paraît-il, pas assez soutenu, au lieu de faire son autocritique sur son niveau de jeu et son attitude sur le court. Ensuite, le samedi il y a eu l'imbroglio de sa non titularisation en double. Enfin on l'a vu au bord du court, sans envie, sans enthousiasme et en encourageant plus que timidement ses coéquipiers. Bref le Manceau a complètement raté son grand rendez- vous de l'année, en s'écroulant totalement sous le poids de la pression. Il avait déjà raté la finale en Serbie (2010) pour cause de blessure. C'est donc le deuxième raté de suite. Et le problème est que derrière, personne n'a pu reprendre le Flambeau de ce fameux leadership, à l'exception de Gaël Monfils le vendredi.


Le manque de révolte des Français
A l'image de leur N°1, les Bleus ont cruellement manqué de mental et de gniac, dans un évènement tel qu'une finale de Coupe Davis. Si l'on met de côté la magnifique victoire de Gaël Monfils, irréprochable, en trois sets face à Federer (6/1 6/4 6/3) et la bonne prestation de Julien Benneteau en double, tous les matchs ont été à sens unique, sans rebellion. Le fait est assez rare en Coupe Davis pour être noté alors que la plupart du temps les matchs se disputent en 4 ou 5 sets. Pourtant les Bleus avaient le soutien du public et jouaient à domicile. Mais très vite on a senti un manque de révolte, une combattivité insuffisante et le sentinement de l'acceptation générale du résultat final. Certes, les Suisses étaient meilleurs que les Français mais comment expliquer les prestations de Tsonga le vendredi, totalement dominé, celle de Richard Gasquet en double le samedi puis celle en simple le dimanche (aucune balle de break) face au N°2 mondial ? Au lieu de jouer et d'avoir une attitude de combattants, les Français se sont embourbés dans leurs soucis internes, avec la blessure de Tsonga et une communication mal maîtrisée. De ce point de vue, Arnaud Clément, qui manque encore d'expérience, n'a pas pu (su ?) rétablir une situation mal engagée durant le week-end. N'est pas Yannick Noah qui veut.
 

Pas de matchs officiels pour les Tricolores pendant 3 semaines
Très probable également que les Français, mis à part Julien Benneteau qui a disputé le Masters de double la semaine précédant la finale de Coupe Davis, aient payé au prix cher le manque de matchs officiels les trois semaines avant le week-end lillois. Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Gaël Monfils, Gilles Simon ont en effet tous été éliminés rapidement à Paris- Bercy, fin octobre. Après un break, les Français sont partis en stage préparatoire sur la terre battue à Bordeaux puis sont sont arrivés à Lille. Pendant ce temps, les deux leaders Suisses que sont Federer et Wawrinka, étaient au Masters de Londres et ont disputé des matchs de très haut niveau devant 20 000 personnes. On le sait l'entraînement ne remplace jamais la compétition et, là aussi, il est quasi certain que les Français n'étaient pas dans les meilleurs dispositions pour emporter le trophée. A fortiori face à des joueurs comme Federer et Wawrinka.

Vos commentaires

Sans problemes pour les Suisses a part Monfils les autres se sont couchés sans réaction et Tsonga se n ' est la première qu ' il jette l ' éponge manque de caractère tout simplement .