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Coupe Davis

Brice Richiero - Publié le 18/11/2012

Les Tchèques entrent dans l'histoire !

Chapô: 

Après la Hopman Cup et la Fed Cup cette année, la République Tchèque remporte la 100ème édition de la Coupe Davis en battant l'Espagne en finale (3-2) ! Radek Stepanek a offert le point décisif aux Tchèques en battant Nicolas Almagro, alors que David Ferrer, tombeur de Tomas Berdych, avait auparavant égalisé.

Radek Stepanek a offert le point décisif à la République Tchèque en finale de Coupe Davis - © Sipa
Radek Stepanek a offert le point décisif à la République Tchèque en finale de Coupe Davis - © Sipa

La République Tchèque a inscrit à jamais son nom dans le palmarès de la Coupe Davis. Car non seulement elle a remporté la 100ème édition mais également le premier saladier de la jeune histoire de cette nation. Celle-ci l'a emporté en venant à bout de l'Espagne en finale (3-2). Alors que David Ferrer avait remis les compteurs à égalité en se défaisant de Tomas Berdych (6/2 6/3 7/5), Radek Stepanek a su créer l'exploit de vaincre le 11ème joueur mondial Nicolas Almagro (6/4 7/6(0) 3/6 6/3) pour apporter le dernier point décisif à son pays. Décidément, les Tchèques auront dominé le tennis mondial par équipes cette saison, après avoir remporté la Hopman Cup en début d'année, puis avoir gardé leur trophée en Fed Cup avec les filles, il y a deux semaines. Tomas Berdych et Radek Stepanek sont donc devenus les héros nationaux de tout un peuple, ayant disputé quasiment tous les matchs, simples et doubles, lors de cette campagne 2012.

Stepanek dans un état second

Ce dimanche, Radek Stepanek aura certainement réalisé l'un de ses matchs les plus aboutis de sa carrière. Porté par tout un public en ébullition, le Tchèque a su déjouer les pronostics en s'imposant face au 11ème joueur à l'ATP, Nicolas Almagro. Un succès en quatre manches (6/4 7/6(0) 3/6 6/3) qu'il a été réellement cherché grâce à un jeu toujours aussi varié et offensif. En face, l'Espagnol a régulièrement manqué de lucidité sur ses choix tactiques et n'a donc pas réussi à amener son pays vers un deuxième sacre consécutif. Et pourtant, Almagro semble le plus fort en début de rencontre. Celui-ci cogne très fort et parvient souvent à transpercer son adversaire lorsque ce dernier prend le filet d'assaut. Néanmoins, l'Espagnol se crispe déjà dans les moments importants et ne parvient pas à faire le break. Au contraire, Stepanek fait parler toute son expérience dans le dixième jeu en mettant une forte pression sur un Almagro fragile. Conséquence, le Tchèque fait le break au meilleur des moments et s'empare du premier set (6/4).

Almagro dans le flou total

Sur sa lancée, le 37ème joueur mondial est tout proche de réaliser un nouveau break d'entrée de deuxième manche mais l'Espagnol résiste. Et surprise, c'est même lui qui prend le service adverse en premier (2/3). Stepanek n'abdique pas et reprend rapidement son service de retard (4/4) avant de s'offrir deux balles de set à 5/4 puis à 6/5. Mais les deux hommes se dirigent finalement vers un tie break parfaitement géré par le Tchèque qui inflige un sévère 7-0 ! à son opposant, complètement perdu sur le court (7/6(0)). À l'orgueil, Almagro réagit et fait, à nouveau, le break en premier dans la troisième manche (2/4). Cette fois-ci, l'Espagnol parvient à le conserver puis donc à revenir à deux manches à une (3/6). La rencontre semble alors relancée mais le Tchèque vient rapidement calmer les ardeurs espagnoles. Pour cause, Stepanek fait le break d'entrée et se détache inéluctablement (3/0). Almagro apparaît alors abattu et ne trouve plus la solution en retour. Finalement, Radek Stepanek achève son adversaire sur sa seconde balle de match et s'effondre à genoux sur le court de l'O2 Arena de Prague, alors que le public explose comme un seul homme.

Ferrer avait pourtant fait le travail

Il n'y aura pas eu photo lors du choc de cette finale de Coupe Davis 2012 entre les deux numéros un, Tomas Berdych et David Ferrer. Le dernier nommé a apporté son deuxième point à l'Espagne en se débarrassant, avec la manière, du Tchèque (6/2 6/3 7/5) en un peu moins de 2h30 de jeu. Comme vendredi contre Stepanek, Ferrer a été impressionnant d'un bout à l'autre de la rencontre, ne laissant jamais respirer son adversaire. Auteur d'un minimum de fautes directes et imposant une cadence d'enfer dans l'échange, le 5ème joueur mondial a fait la loi sans être inquiété le moins du monde par un Berdych complètement inhibé par l'enjeu. Trop peu offensif dans la première manche puis incapable de trouver la solution par la suite, le numéro six à l'ATP n'aura jamais fait espérer le public de l'O2 Arena de Prague. Il voit, du même coup, sa belle série de victoires en Coupe Davis s'arrêter brutalement alors qu'il n'avait plus été battu depuis sa défaite au 1er tour de l'édition 2011 face à Andrey Golubev. Ferrer termine lui cette année en étant invaincu dans la compétition et aura donc effectué son travail à merveille, restant incontestablement l'homme providentiel côté espagnol.

Un Berdych inoffensif

Dès les premiers jeux, la tension se lit sur le visage de Berdych. À l'inverse, Ferrer est déjà lancé et s'empare rapidement du service adverse (3/0) pour ne plus le lâcher. C'est même l'Espagnol qui réalise le double break lors du dernier jeu de la première manche, comme pour enfoncer le clou (6/2). Bien trop sur la défensive, le Tchèque a laissé le 5ème joueur mondial maitriser les échanges, à tort. La démonstration continue en début de deuxième set avec un nouveau break d'entrée (2/0). Le mal est déjà fait puisque Berdych ne parvient pas à s'offrir la moindre occasion pour revenir à cause de choix tactiques plus que douteux et d'une inoffensivité toujours aussi accablante. Après 1h30 de jeu, Ferrer s'envole et mène deux manches à zéro. La réaction du chouchou local est alors attendue mais c'est bien le Valencian qui se détache à nouveau (3/1) et qui file vers une victoire expéditive. Unique moment de faiblesse pour celui-ci dans le huitième jeu. Ferrer se crispe quelque peu et perd son service d'avance (4/4). Mais il ne lui faut qu'une dizaine de minutes pour totalement reprendre ses esprits et mettre un dernier coup de boost. Le lauréat du dernier Masters de Paris-Bercy s'empare encore de l'engagement de Berdych (6/5) et conclut avec autorité sur un jeu blanc au bout de 2h26 de match.