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Espoirs

Brice Richiero - Publié le 13/12/2012

M. Arcangioli : « Je veux vraiment réussir»

Chapô: 

Auteure d'une belle première saison chez les séniors avec deux titres à Heraklion, la jeune espoir Manon Arcangioli s'est confiée à Tennisleader. De ses débuts jusqu'à aujourd'hui, la Normande de 18 ans se dévoile et parle de ses ambitions.

Manon Arcangioli, 18 ans, est une jeune espoir du tennis féminin français - © DR
Manon Arcangioli, 18 ans, est une jeune espoir du tennis féminin français - © DR

Tennisleader : Comment as-tu débuté le tennis ?

Manon Arcangioli : " J'ai commencé à 4 ans avec le mini tennis. Ma mère est monitrice donc elle m'a suivi et m'a formé. Lorsque je suis entrée en 5ème au collège, je suis partie m'entraîner avec l'équipe départementale à Rouen avant de rejoindre les structures de la Ligue à Honfleur lors de mon arrivée au lycée. "

TL : Comment en es- tu arrivée à ce niveau ?

MA : " Mes parents m'ont beaucoup aidé à en arriver là. Ils ont cru en moi car ils ont peut-être détecté assez rapidement un certain potentiel. Ma mère m'a apporté énormément avec son expérience d'entraîneur. À chaque étape, que ce soit à mes débuts, à Rouen puis à la Ligue, tous m'ont réellement appris des choses nouvelles qui m'ont permis d'avancer pour être aujourd'hui membre du CNE à Roland Garros. Les belles structures de tous ces sites aident aussi à une meilleure progression. "

TL : Quels sont tes joueurs préférés, tes inspirations ?

MA : "Je n'ai pas forcément de joueur ou joueuse de référence mais j'ai toujours été admirative des numéros un mondiaux et même des joueurs du Top 10. Je trouve ça énorme de les voir jouer sur les plus grands courts "

TL : Tu as la volonté d'être professionnelle depuis quand ?

MA : " Au début je jouais au tennis pour mon plaisir. C'est peut-être après mon arrivée au lycée que j'ai réalisé que ce serait vraiment bien d'en faire mon métier. Mais durant les premières années, on ne se rend pas compte du travail qu'il faut effectuer pour devenir professionnelle. À présent, je veux vraiment réussir à gagner ma vie avec le tennis mais il n'y a encore pas assez de garanties pour en être sûre. Je vais tout faire pour mais il me reste encore du chemin pour accéder au Top 100. "

TL : Ta motivation est- elle toujours aussi intacte ?

MA : " L'ambition reste intacte mais on a parfois des coups de moins bien. Je ne l'ai pas encore connu mais je pense que si l'on se blesse assez gravement il peut y avoir de vrais moments de doute. Certaines séances d'entraînement sont plus dures que d'autres donc le mental en prend un coup mais jamais jusqu'à abandonner complètement. Donc j'y crois toujours mais il y a parfois des hauts et des bas. "

TL : Quels ont été tes débuts chez les seniors ?

MA : " J'ai commencé à disputer des tournois ITF chez les seniors et j'en ai gagné deux donc c'est bien. Je vais pouvoir grimper dans le classement mondial et cela va me permettre d'avancer encore dans ma carrière. Je savais que si je m'entraînais correctement je pourrais rapidement me retrouver au classement où je suis maintenant (472ème). Personnellement, j'aimerais monter assez vite dans la hiérarchie mondiale mais les entraîneurs nous rappellent tout le temps que nous sommes encore en formation, qu'il y aura des moments galères et qu'il ne faut pas se précipiter. "

TL : Quels sont tes objectifs pour l'année prochaine puis à long terme ?

MA : " Je me fixe le Top 100 à long terme mais dès la saison prochaine j'espère pouvoir encore remporter des 10 000$ et passer plusieurs tours dans les 25 000$. Mais pour l'instant je joue chaque match sans me projeter trop loin et on verra bien où tout cela me mènera. "

TL : Quel est ton plus grand rêve ?

MA : "Gagner Roland Garros devant le public français serait évidemment mon plus grand rêve. De plus, remporter un tel titre sur terre battue me prouverait que je peux bien jouer sur n'importe quelle surface car, à la base, je préfère plutôt le dur. Mais l'endroit est également magnifique. Je suis à Roland Garros presque toute l'année pour m'entraîner et ça donne vraiment envie. "

TL : Quels sont tes points faibles et tes points forts ?
 
MA : " Je garde mes points faibles pour moi (rires). Je dirais que mon principal point fort est peut-être que je m'arrache sur chaque point et que je ne lâche quasiment jamais une rencontre. "

TL : Tes qualités, tes défauts ?

MA : " Je pense être courageuse et je crois qu'il faut réellement du courage pour mener une carrière de joueuse professionnelle. Mon défaut le plus récurrent est peut-être la précipitation dans certains domaines. Je suis également un peu perfectionniste mais je ne sais pas s'il faut considérer cela comme un défaut ou une qualité" 

TL : Te sens- tu privilégiée de vivre cette vie ?

MA : " C'est vrai que je préfère jouer au tennis que d'être à la fac toute la journée. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui aimeraient être à ma place pour voyager et faire leur passion. Mais c'est également un mérite de vivre cette vie car cela demande énormément de travail. "

TL : Ressens-tu des manques par rapport à ta vie de tenniswoman ?

MA : "Des fois, ça pèse un peu de devoir refuser des soirées avec des amis pour se préserver pour les entraînements. On se dit que vos propres copains peuvent vous oublier parce que vous ne leur consacrez plus beaucoup de temps. Donc on se met un peu à l'écart mais on se retrouvera forcément. Il faut faire pas mal de sacrifices mais ce n'est pas un réel mal si c'est pour faire ce que je veux au final. "

TL : Un conseil pour les jeunes joueuses qui veulent percer ?

MA : "Avec ma petite expérience, je peux dire que vous aurez toujours des hauts et des bas mais si vous voulez vraiment atteindre votre rêve et vos objectifs il ne faudra pas baisser les bras dans les périodes difficiles. "