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Brice Gonzales - Publié le 21/12/2015

Zimbler : "Avec Benoît tout est possible"

Chapô: 

Benoit Paire (19ème ATP) a effectué une saison 2015 remarquable en passant de la 118ème à la 19ème place mondiale. Une progression qu'il doit à son talent et à une meilleure maîtrise de soi. Mais également à son entraîneur de quasiment toujours, Lionel Zimbler. Pour Tennisleader, ce dernier s'est confié et nous raconte le formidable come-back de son joueur.

Lionel Zimbler (à droite), l'entraîneur de Benoît Paire (19ème mondial), est revenu sur la saison du Français pour Tennisleader - © Icon Sport
Lionel Zimbler (à droite), l'entraîneur de Benoît Paire (19ème mondial), est revenu sur la saison du Français pour Tennisleader - © Icon Sport

Tennisleader : Comment définiriez vous la saison de Benoit Paire ?
Lionel Zimbler : "Il y a eu plusieurs étapes. En début de saison, on regardait comment réagissait son corps, sa blessure après presque 9 mois d'arrêt, donc ça a été un début un petit peu compliqué, avec des doutes. Mais après les choses se sont mises en place progressivement. Il a vu que son genou répondait bien, qu'il gagnait à nouveau des matchs et qu'il récupérait son niveau. Cela a mené à la deuxième partie de saison qu'il a connue après l'été où il a vraiment explosé et pratiqué du grand tennis."

TL : Justement, vous attendiez-vous à cette superbe seconde moitié de saison ?
LZ
: "Avec Benoît tout est possible. Tout est une question d'alchimie et le fait qu'il n'y ait plus eu de blessure était quelque chose de très important. Après il a gagné beaucoup de matchs, les victoires forgent la confiance et cette confiance lui a permis de jouer son meilleur tennis. Et quand il joue et qu'il est bien comme ce fut le cas il devient un très très bon joueur."

TL : Y a t-il des déclics psychologiques ou tactiques qui ont mené Benoit à réaliser cette saison ?
LZ
: "Non je ne pense pas. On est reparti de zéro, on a remis les choses en place comme on les avait mises deux trois ans auparavant et on a retravaillé les bases. On a travaillé ce qui lui a permis de devenir 24ème mondial il y a un peu plus de deux ans lorsqu'il avait atteint les demi-finales à Rome, on a re-regardé des vidéos et je ne pense pas qu'il y ait eu de déclic. À la limite le seul déclic c'est que son genou a bien tenu et qu'il n'a plus eu d'appréhension à ce niveau. Il a récupéré la qualité de tennis qu'il avait et cette année c'était plus constant. Cette blessure lui a permis de se rendre compte qu'il aime être sur le terrain et qu'il y prend beaucoup de plaisir. Il a grandi, il est plus mature, plus mûr il comprend mieux les choses, se connaît mieux et tout ça l'a mené à sa 19ème place."

TL : Avez-vous remarqué quelque chose qui a changé dans son jeu cette année ?
LZ : "Il a tout simplement été plus constant cette année. À l'époque, il avait déjà des grosses qualités en revers et au service notamment mais aujourd'hui grâce à sa plus grande confiance, il a pu réaliser ces belles choses. Nous (ndlr, le team) on a rien changé d'exceptionnel. On a simplement essayé de reproduire des schémas de jeu le plus souvent possible pendant les rencontres. Et comme il a été plus constant mentalement, ça l'a aussi aidé à gagner des matchs qu'il aurait surement perdus il y a deux ans. C'est un petit puzzle qui s'est mis en route et qui a donné cette saison. C'est là qu'on se rend compte que le haut niveau ça tient à très peu de choses !"

TL : Qu'est-ce qui a fait la différence cette année ?
LZ : "
On a très mal commencé en Australie. Derrière il est reparti sur certains tournois où j'avoue que j'appréhandais car je me disais qu'il n'allait peut-être pas y arriver à partir de si bas. Mais il a prouvé qu'avec de l'ambition, de la volonté on pouvait revenir. Pour moi rien d'incroyable ne s'est passé. Tout ça c'est Benoit dans les extrêmes c'est à dire que quand tout va bien, ça va vraiment très bien et quand ça va pas, ça peut vraiment aller très mal. Je n'ai jamais douté de son niveau de jeu, il a fait une très bonne saison et même s'il avait fini 35ème mondial, ça aurait aussi été une très bonne saison. Je crois qu'il a vécu cette année avec moins de pression c'est pour ça que j'attends l'année prochaine. Il revenait, personne ne l'attendait, il était outsider et il pouvait jouer plus libéré. Il aime bien ce genre de position, et aujourd'hui on se projette sur une nouvelle année avec une position complètement différente."

TL : Quel a été le meilleure moment pour vous et pour lui cette saison ?
LZ : "Je crois que pour lui, de voir que son genou tenait a été un grand moment car il avait besoin d'être soulagé. Après en terme de performances moi ma meilleure semaine, je dirais que c'est celle de son premier titre ATP à Bastad en Suède. Même si après il a fait de très grands matchs, cette semaine- là on s'est retrouvé dans des conditions difficiles. Il pleuvait, il y avait du vent et Benoît a su aller au bout d'un tournoi pour la première fois. Il a aussi réalisé une belle finale alors qu'avant il passait toujours à travers. Physiquement on a eu aucun souci pendant 7 jours et je crois que cela a été un déclic qui lui a fait prendre conscience qu'il pouvait aller bien plus haut."

TL : Quels sont les objectifs pour 2016 ?
LZ : "En terme de classement il veut aller plus haut. Donc ce serait bien qu'il arrive à entrer dans le Top 15 et peut-être d'aller titiller les 10 meilleurs voir faire des grands résultats dans les grands tournois. Aujourd'hui c'est là que ça se joue quand on est à ce niveau là puis c'est quelqu'un qui est fait pour ces émotions, pour vivre de grands moments donc j'espère qu'il mettra tout en oeuvre pour aller chercher ces moments. Je pense qu'il a aussi très envie de jouer les Jeux Olympiques et d'être selectionné en Coupe Davis même si aujourd'hui ça ne dépend pas trop de lui. Mais je sais qu'il va donner le maximum pour essayer de vivre ces deux compétitions."