-A +A
0
Masters ATP

Brice Richiero - Publié le 13/11/2012

Un Masters qui prend tout son sens

Chapô: 

Sacré pour la 2ème fois au Masters, Novak Djokovic n'aura pas eu la tâche facile face à ses principaux rivaux comme Federer, Murray ou encore contre Del Potro qui se rapproche des tout meilleurs. Côté Français, Tsonga est passé à côté de sa compétition. Bilan de ce Masters de Londres.

Contraste saisissant entre le vainqueur du Masters N.Djokovic, et le finaliste Malheureux R.Federer - © Icon Sport
Contraste saisissant entre le vainqueur du Masters N.Djokovic, et le finaliste Malheureux R.Federer - © Icon Sport

Djokovic n'a jamais renoncé

Vainqueur du Masters de Londres 2012, Novak Djokovic peut se satisfaire d'une semaine presque parfaite. Seul joueur invaincu après la phase de poules, le numéro un mondial a fléchi mais n'a jamais rompu en demi-finales face à Juan Martin Del Potro puis en finale contre Roger Federer. Comme bien souvent, le Serbe a pu s'appuyer sur une force mentale hors du commun lui permettant de se sortir de situations très compliquées. Titré à l'Open d'Australie en tout début d'année, Djokovic boucle sa saison comme il l'avait commencé par un titre dans un événement majeur. Lauréat du Masters en 2008 à Shanghai, celui-ci n'avait donc jamais levé le fameux trophée à Londres. Avec cette victoire, Djokovic démontre un peu plus encore qu'il est actuellement le meilleur joueur du monde, ou tout du moins le plus solide et le plus régulier. Dans les mois à venir il sera très difficile de venir le déloger de sa place de numéro un mondial récupérée à Federer semaine dernière.

Federer peut s'en mordre les doigts

À plusieurs reprises durant cette finale, Roger Federer a semblé prendre la mesure de son adversaire. Mais ni son break d'avance en tout début de match (3/0), puis en début de seconde manche, ni deux balles de set toujours dans le 2ème set, n'auront été suffisantes pour permettre au Suisse de réaliser le hat trick (ndlr : 3 victoires consécutives) au Masters qu'il tentait pour la troisième fois, après avoir déjà manqué le coche en 2005 et 2008. Malgré tout, à 31 ans, le recordman de titres en Grands Chelems (17 titres) s'est prouvé et a démontré qu'il pouvait encore pratiquer un tennis incroyable et que sa motivation était intacte malgré 14 ans à arpenter le circuit, avec femme et enfants désormais. Ce Masters aurait pu, néanmoins, lui permettre de conclure en beauté une bonne saison mais le destin en a voulu autrement.

Murray encore un peu juste; Berdych encore plus

Même s'il aura démontré cette année qu'il pouvait sans conteste rivaliser avec le Top 3, et qu'il postulera dans les années à venir à la place de N°1 mondial, Andy Murray aura dû se résoudre à plier face aux deux meilleurs joueurs au monde lors de ce Masters. D'ailleurs, ses deux seules défaites ont été enregistrées en poule contre Djokovic, puis en demi-finales face à Federer. Le numéro trois mondial a donc logiquement subi la loi des deux hommes placés devant lui au classement. Cependant, le Britannique peut avoir quelques regrets tant il semblait capable de prendre le match à son compte face au Suisse. Un succès lui aurait alors permis d'accéder à une troisième finale devant son public de Londres cette saison, après Wimbledon et les Jeux Olympiques. Tomas Berdych aura fait son tournoi ne s'inclinant qu'en trois sets face à Murray et Djokovic et gagnant loqiquement face à Tsonga. Mais le Tchèque va devoir probablement faire évoluer un jeu de très haut niveau mais parfois trop stéréotypé pour surprendre les quatre de devants. 

Del Potro se rapproche, Ferrer aussi

Considéré comme le joueur qui pourrait venir perturber le Big Four dans un futur proche, et seul joueur de la petite troupe des "poursuivants" ayant remporté un tournoi du Grand Chelem (ndlr : US Open, 2009), Juan Martin Del Potro a confirmé cette semaine son retour au plus haut niveau. Tombeur de Federer dans le Groupe B, l'Argentin a bien failli "s'offrir" Djokovic en demi-finales mais il n'a pu garder son avance d'un set et d'un break. Titré à Vienne et à Bâle depuis mi octobre et son retour à la compétition, le 7ème joueur mondial a encore causé bien des problèmes à ses adversaires lors du Masters, grâce à sa formidable puissance,  même s'il devra encore travailler sur ses baisses de régime qui lui ont peut-être coûté au moins la finale, voire le titre. David Ferrer, quant à lui, aura fait un beau Masters considérant qu'il venait de remporter Valence puis le Masters 1000 de Paris-Bercy et qu'il est arrivé fatigué. Le Valencian aura remporté deux matchs, dont une victoire face à Del Potro, et il n'aura été battu qu'en deux sets serrés face à Federer. Il confirme en tout cas que sa 5ème place mondiale est totalement méritée et qu'il pourrait bien venir inquiéter la "bande des quatre" en 2013

Tsonga et Tipsarevic, zéro pointé

Il n'y aura pas eu de miracle pour Jo-Wilfried Tsonga et tout cela est, hélas, bien logique. Comme cela pouvait être à craindre, dans une poule très relevée certes (Djokovic, Murray, Berdych), le Français a terminé son tournoi avec un zéro pointé, aucune victoire et seulement un petit set remporté. De ce fait, le Manceau termine sa saison avec un bilan très mauvais de 12 défaites pour autant de confrontations face aux six meilleurs joueurs de la planète. Durant ce Masters Tsonga n'aura finalement fait que confirmer ses manques récurrents observés déjà depuis un petit moment déjà : trop de fautes directes, un revers perfectible, des débuts de matchs trop mous et, surtout, une mauvaise gestion mentale et tactique des points importants et des fins de sets. C'est dommage car le N°1 Français, à l'instar d'un Del Potro, a les moyens de brouiller les cartes mais son optimisme omniprésent ne suffit plus. S'il veut se donner les chances de remporter un jour un tournoi du Grand Chelem, et succéder ainsi à Yannick Noah (Roland Garros/ 1983), le Manceau va devoir profiter de la trève hivernale pour travailler très dur et remettre à plat un certain nombre de choses avec son nouveau coach, l'Australien Roger Rasheed. En espérant que sa mauvaise série s'interrompe le plus rapidement possible en 2013. Enfin Le Serbe Tipsarevic n'avait pas de grands espoirs avant d'arriver à Londres. Et on ne peut pas dire qu'il aie fait beaucoup d'efforts pour changer le cours des choses, comme ce fut le cas au BNP PARIBAS Masters la semaine précédente.