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Open d'Australie

Richard Alvear - Publié le 30/01/2018

Bilan (H) : Federer est redevenu le boss

Chapô: 

L'Open d'Australie, qui s'est achevé ce dimanche par le 20ème sacre en Grand Chelem de Roger Federer (2ème ATP), restera dans l'histoire, comme celui de l'an dernier qui avait marqué la renaissance du Suisse. Redevenu le boss à 36 ans passés, Federer règne de nouveau sur un Big Five aux abois.

C'est un Roger Federer rayonnant qui a remporté son 20ème titre en Grand Chelem - © DR
C'est un Roger Federer rayonnant qui a remporté son 20ème titre en Grand Chelem - © DR

3 titres du Grand Chelem (ndlr, Open d'Australie 2017 et 2018, Wimbledon 2017) en 12 mois, le doute n'est plus permis. A 36 ans passés, Roger Federer (2ème ATP) est redevenu le boss du tennis mondial comme au bon vieux temps. Le Suisse, comme il avait commencé à le faire en janvier 2017, continue donc d'écrire sa légende sous nos yeux incrédules ainsi que sous ceux, envieux, de ses adversaires directs. Ce champion hors normes, l'un des plus grands de tous les temps, tous sports confondus, a donc remporté son 20ème titre en Grand Chelem et a parfaitement, contrairement à ses concurrents directs, assumé son statut de grand favori. A ce rythme, il n'est pas impensable de le voir dans un jour proche, égaler le record de 22 titres en majeurs de Steffi Graf. Et même, pourquoi pas d'aller chercher les records de Serena Williams (23 titres) et de Margaret Court (24 titres). Et last but nos least, il ne compte désormais plus que 155 petits points de retard sur Rafael Nadal (1er ATP) au classement ATP, ce qui signifie qu'il peut même redevenir N°1 mondial dans les semaines à venir. C'est tout simplement remarquable d'autant plus que le Maestro "gère" parfaitement son programme (ndlr, finis la terre battue et les sollicitations non indispensables) mais également  ses matchs, aussi bien durant les temps forts que les faibles. A ce train là, s'il n'a pas de pépins physiques, il peut continuer à non seulement jouer encore quelques années, mais surtout à remporter d'autres grands titres.

La faillite des autres favoris et des outsiders


Mais cet Open d'Australie 2018 aura, aussi, été marqué la faillite des autres membres du Big Five. Hormis Andy Murray, absent pour cause d'opération à la hanche, aucun n'a été à la hauteur. Rafael Nadal (1er ATP), qui avait déjà abandonné au dernier Masters de Londres, a fait de même en quarts de finale (ndlr, blessure au Psoas) face à un exceptionnel Marin Cilic (3ème ATP); Novak Djokovic, qui n'a plus rien à voir avec le "grand Djoko" des années 2011 et 2015, a été éliminé sans gloire et en 3 sets par le jeune Hyeon Chung; Quant à Stan Wawrinka, il a, lui aussi, sombré et ce dès le 2ème tour. Autant dire que ce Big Five est, hormis Federer, un véritable champ de ruines actuellement. Le pire est que derrière, les outsiders ont été incapables d'en profiter, Marin Cilic, excepté. David Goffin n'a pas confirmé ses bonnes dispositions des derniers mois, Milos Raonic est toujours en méforme, Grigor Dimitrov (ndlr, battu par Krygios) a encore déçu,  alors que Juan-Martin Del Potro a été sèchement éliminé par Berdych au 3ème tour. Enfin Dominic Thiem et Alexander Zverev, ont de nouveau affiché leur fragilité mentale. Les deux seuls a voir surnagé auront été Marin Cilic et Tomas Berdych, qui ont réussi à inquiéter Federer.

Les révélations Chung & Edmund; Le fiasco des Français

Heureusement, il y aura eu quelques révélations durant cet Open d'Australie. A commencer par le jeune Coréen du Sud Hyeon Chung (29ème ATP, 21 ans), bluffant, avec ses magnifiques "perfs" face à Alexander Zverev (5ème ATP) et Novak Djokovic (13ème ATP). Dommage qu'il n'ait pu disputer ses chances en demies (ndlr, abandon à cause d'ampoules) face au tenant du titre, Roger Federer (2ème ATP). Kyle Edmund (26ème mondial), que personne n'avait vu venir, aura été également l'un des autres animateurs à Melbourne. Mais en demies il est tombé sur un Cilic sérieux. Enfin, il faut saluer les beaux parcours de Tennys Sandgren (1/4 de finaliste) et du Hongrois Marton Fucsovics (1/8èmes de finaliste). Coté Français, on passera très vite, une nouvelle fois, sur ce qui a été un fiasco quasi général : Lucas Pouille (17ème mondial et nouveau N°1 français !), comme en 2017, a été sorti d'entrée; Jo-Wilfried Tsonga (19ème ATP) a hélas confirmé qu'il était sur une pente savonneuse en grand chelem (ndlr, 1/4 en 2017, battu au 3ème tour cette année par Kyrgios); Gaël Monfils (44ème ATP) a existé un set face à Djokovic au 2ème tour alors que Richard Gasquet a, quant à lui, été sorti logiquement en 3 sets par Federer au 3ème tour. Enfin, le double Mahut/ Herbert a complété ce très sombre tableau en étant sorti dès le 2ème tour. Seuls le vétéran Julien Benneteau, pour sa dernière saison, s'est battu comme un lion alors qu'Adrian Mannarino (25ème mondial), a fait le job, comme d'habitude. Finalement, les bonne nouvelles seront venues du tournoi juniors avec la très belle finale de la Bretonne Clara Burel et de la victoire en double garcons du tandem tricolore Tabur/ Gaston. Un bien maigre bilan pour le tennis masculin tricolore, une fois de plus.