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Open d'Australie

Caroline Maes - Publié le 26/01/2014

WAWRINKA MET NADAL KO !

Chapô: 

Stanislas Wawrinka a décroché ce dimanche le titre à l'Open d'Australie en dominant le n°1 mondial Rafael Nadal en quatre manches (6/3 6/2 3/6 6/3). Dans un match où il est passé par toutes les émotions face à un adversaire diminué physiquement, le Suisse a montré une force mentale impressionnante pour remporter sa première victoire face à l'Espagnol et ouvrir son compteur en Grand Chelem dès sa première finale.

Stanislas Wawrinka a dominé Rafael Nadal pour décrocher son premier titre du Grand Chelem à Melbourne - © DR
Stanislas Wawrinka a dominé Rafael Nadal pour décrocher son premier titre du Grand Chelem à Melbourne - © DR

Stan is the man ! Cette phrase prend tout son sens ce dimanche avec le premier titre en Grand Chelem de Stanislas Wawrinka. Le Suisse s'est montré trop solide en finale de l'Open d'Australie pour Rafael Nadal, battu en quatre manches (6/3 6/2 3/6 6/3). Alors qu'on aurait pu craindre que pour sa première finale en Grand Chelem, il montrerait des signes de nervosité, le n°8 mondial attaque la rencontre pied au plancher. Bien en jambes, il joue tous les échanges à fond et enchaîne les points gagnants (12 au premier set). Le n°1 mondial à l'inverse apparaît tendu et ne parvient pas à profiter du faible pourcentage de première balle du Suisse (38% seulement). Après 38 minutes, le protégé de Magnus Norman prend donc logiquement l'avantage 6/3.

Nadal à la limite de l'abandon

Au deuxième set, Stanislas Wawrinka repart avec les mêmes intentions offensives. Le n°8 mondial prend d'entrée la mise en jeu du Majorquin et mène rapidement 2/0. Le coup de théâtre de cette finale intervient alors à 0/2, 40/15 sur le service du n°1 mondial. Après avoir raté son coup droit, Rafael Nadal se penche en avant en grimaçant, se tenant le bas du dos. Il parvient malgré tout à remporter ce jeu pour revenir à 2/1, mais il profite tout de suite du changement de côté pour sortir se faire manipuler par le kiné. Sifflé et hué par le public australien, pourtant habituellement très fair-play, à son retour sur le court, le neveu de Toni Nadal reprend le jeu, mais il souffre énormément. Alors qu'il ne montre généralement rien, on le voit au bord du désespoir. Incapable de servir, de se déplacer et de frapper ses coups, bref incapable de jouer, il perd rapidement la deuxième manche 6/2 face à un Stanislas Wawrinka qui a le mérite de ne pas perdre sa concentration.

Wawrinka sort du match

Tout le monde pense alors que Rafael Nadal va abandonner, chose qu'il ne fait quasiment jamais par respect pour son adversaire (son seul abandon en Grand Chelem date de l'Open d'Australie 2010 en quart de finale face à Andy Murray pour blessure au genou). Mais le n°1 mondial n'abdique pas. Pour Stanislas Wawrinka, le match devient soudain très compliqué. En plus de supporter la pression d'une première finale en Grand Chelem, il doit faire face à un adversaire diminué physiquement et qui ne joue quasiment plus. Arrive alors ce que l'on pouvait redouter : le Suisse perd le fil et commence à enchainer les fautes (19 au troisième set). Rafael Nadal, requinqué par une énième manipulation du kiné, commence à mieux frapper la balle et change sa tactique habituelle. Au lieu de ses coups avec beaucoup d'effet, il tente de jouer beaucoup plus à plat pour abréger l'échange. Et ça marche ! 

Nadal revient à 2 sets à 1

Après avoir sauvé deux balles de break au premier jeu, le Majorquin breake le n°8 mondial pour mener rapidement et contre toute attente 3/0. Le Suisse, inefficace en retour alors que le n°1 mondial ne sert que des premières deuxièmes à moins de 180 km/h, montre de plus en plus de signes d'agacement. Il se procure malgré tout deux balles de débreak à 5/3 en faveur de l'Espagnol, grâce à des fautes grossières de son adversaire qui prend tous les risques pour abréger l'échange. La première est sauvée par Nadal grâce à une "vraie" première balle, la deuxième "vendangée" par le protégé de Magnus Norman. Trois points plus tard, le Majorquin revient à deux sets à un sur une ultime faute directe en coup droit de Stanislas Wawrinka (6/3).

Wawrinka à nouveau plus agressif 

Les idées d'abandon semblent désormais bien loin pour Rafael Nadal, complètement relancé dans ce match. Le Majorquin frappe mieux dans la balle et même si son déplacement n'est pas celui qu'on lui connaît, il parvient à faire l'effort sur les points clés. Stanislas Wawrinka ne se laisse cependant pas abattre par la perte du troisième set. Le Suisse repart dans ce quatrième set avec des intentions très offensives et tente de reprendre le jeu à son compte. C'est d'ailleurs lui qui se procure les premières balles de break à 1/0. Mais un retour raté sur une petite deuxième balle de Nadal et un bon premier service de l'Espagnol repoussent l'échéance. A 3/2, le n°8 mondial se procure deux nouvelles occasions. Cette fois-ci, il convertit la première et s'envole 4/2. Break en poche et avec un avantage de deux sets à un face à un adversaire diminué, la cause semble entendue. Sauf que...

Premier Grand Chelem pour Wawrinka

....derrière, Stanislas Wawrinka réalise un jeu de service horrible. Le Suisse cède son engagement blanc et tout est donc à refaire dans cette manche. Et c'est là qu'on voit les énormes progrès réalisés sur le plan mental par le protégé de Magnus Norman. Loin de s'agacer de ce jeu raté, le n°8 mondial repart de l'avant dès le jeu suivant. Au terme d'un rallye de fond de court qu'il conclut d'un magnifique coup droit long de ligne, le Vaudois reprend l'avantage 5/3. Au moment de servir pour le match, pas de bras qui tremble ni de nervosité pour Stanislas Wawrinka. En patron, il remporte le dernier jeu de cette finale blanc. Une victoire logique du point de vue de la physionomie de cette rencontre, mais aussi du niveau de jeu affiché depuis tout au long de cette quinzaine australienne par le Suisse.

Une victoire méritée

En progrès constants depuis ses défaites cruelles face à Novak Djokovic notamment, le nouveau n°3 mondial a su triompher de toutes les difficultés pour renverser pour la première fois en treize confrontations l'ogre Nadal. Il devient d'ailleurs le premier joueur depuis Sergi Bruguera en 1993 à s'imposer en Grand Chelem en dominant successivement les n°1 et 2 mondiaux et le premier joueur hors "Big 4" à inscrire son nom au palmarès d'un Grand Chelem depuis Juan Martin Del Potro à l'US Open en 2009. Aucun doute, à Melbourne cette année, Stan was the man !