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Roland Garros

Richard Alvear et Arthur Chabanaux - Publié le 06/06/2018

Le bilan calamiteux du tennis masculin tricolore

Chapô: 

Au sortir d'un Roland Garros au bilan catastrophique, le tennis masculin tricolore est bien malade. Pour la première fois depuis 2007, aucun Français n'était en effet présent en 2ème semaine et aucun d'entre eux n'a plus atteint les 1/4 en grand chelem, depuis Tsonga en janvier 2017. Et rien ne laisse présager que la situation va s'améliorer dans les mois à venir.

À l'image de Gaël Monfils, éliminé au 3ème tour de Roland Garros, les joueurs Français sont loin du niveau des meilleurs - © DR
À l'image de Gaël Monfils, éliminé au 3ème tour de Roland Garros, les joueurs Français sont loin du niveau des meilleurs - © DR

Raillé, moqué et critiqué par son sens aigu de l'élimination prématurée et de son manque de dépassement de soi, le tennis masculin français sort exsangue de l'édition de Roland Garros qui vient de s'achever. Il faut dire qu'il y a mis du sien : aucun français sorti des qualifs, aucun français présent en 2ème semaine, plus aucun tricolore en 1/4 de finale en grand chelem depuis  Melbourne en janvier 2017 (ndlr, Tsonga), aucun junior au delà des 1/8èmes...et on pourrait poursuivre la liste. Seule la paire Mahut/ Herbert a sauvé l'honneur en remportant le titre. Maigre consolation. Mais en simple, c'est le chaos sur fond de querelles intestines entre la direction sportive nationale et la présidence de la FFT. Comme un symbole, la génération des "Mousquetaires" (ndlr, Monfils, Gasquet, Simon et Tsonga), qui a porté le tennis Français pendant des années, n'est plus, et très probablement ne sera plus, en mesure de rivaliser avec les meilleurs mondiaux dans les grands évènements. A l'image d'un Gaël Monfils (37ème ATP) qui s'est incliné au 3ème tour contre David Goffin (9ème ATP) en manquant quatre balles de match ou bien d'un Richard Gasquet (32ème ATP) expédié comme d'habitude par le N°1 mondial Rafael Nadal, sans même remporter le moindre set. Mais le plus grave est que, derrière eux, la relève n'est quasiment pas là.

Où sont les vainqueurs en grand chelem de demain ?

Symbole de la nouvelle génération, Lucas Pouille (17ème ATP, 24 ans), était le joueur Français qui devait assumer ce statut de N°1 Français. Mais, encore une fois, le Nordiste est passé à côté de son Roland Garros, comme il est passé à travers de beaucoup de ses rendez-vous cette année pour le moment. Lors de son 3ème tour et premier vrai test face au Russe Karen Kachanov (38ème ATP), le Nordiste n'a pas existé et s'est fait éliminer en 3 sets. Quentin Halys (126ème mondial) s'est, quant à lui, fait sortir dès le premier tour des qualifications contre un Argentin quasi inconnu ! Seul point positif au tableau, le premier match remporté dans un tournoi du Grand Chelem par Corentin Moutet (141ème ATP), 3ème joueur le mieux classé de son âge à l'ATP,  face à Ivo Karlovic (90ème ATP). Mais le jeune Français est malheureusement bien trop isolé pour, à lui seul, porter l'avenir du tennis Français...D'autant plus qu'il se pourrait qu'il soit limité dans sa progression compte tenu de sa taille relativement modeste (ndlr, 1,75m) alors que la norme est plutôt au delà des 1,85m dans le tennis moderne. Clairement la formation à la francaise est décrochée depuis des années, entre manque de vision fédérale (ndlr, pas un seul court en terre battue indoor au nouveau CNE !!!), entre-soi, manque de remise en question des joueurs et des entraîneurs, quasi absence de l'application des bonnes pratiques de l'étranger, manque de travail physique et de préparation mentale...et on en passe. Le tennis masculin français récolte finalement ce qu'il n'a pas semé. Et cela risque de durer encore longtemps au train où vont les choses. Rappelons que plus aucun Français n'a remporté RG et de titre en Grand Chelem depuis Yannick Noah. C'était il y a 35 ans (1983). Tout est dit.