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Roland Garros

Quentin Amorim - Publié le 11/06/2018

Nadal : "Un sentiment difficile à expliquer"

Chapô: 

Après sa victoire face à Dominic Thiem (8ème ATP) en finale de Roland Garros ce dimanche. Rafael Nadal (1er ATP) est revenu en conférence de presse après la rencontre au cours de laquelle il s'est exprimé sur le match, ses émotions et la suite de sa saison.

Rafael Nadal et sa 11ème Coupe des Mousquetaires en mains  - © DR
Rafael Nadal et sa 11ème Coupe des Mousquetaires en mains - © DR

Q/ Vous étiez au bord des larmes sur le podium : après onze titres, ressentez-vous toujours la même émotion? 
Rafael Nadal : "C'est difficile à expliquer. S'il est vrai que j'ai accompli beaucoup plus de choses que ce dont j'ai toujours rêvé, je suis aussi passé par beaucoup de moments difficiles, notamment ces derniers mois. En Australie, j'étais en lutte avec mon physique puis je me suis blessé à Acapulco. Je suis arrivé avec quelques doutes sur ma capacité à briller sur terre battue. Avoir à revenir de ces longs mois, je sais combien c'est difficile alors j'en suis d'autant plus ravi. Ces applaudissements spontanés de la foule, à la fin du match, pendant deux minutes. C'est vraiment difficile à décrire ce que j'ai ressenti à ce moment là."

Q/ Qu'est-il arrivé à votre doigt dans le 3ème set? 
RN : "J'ai ressenti quelque chose d'inhabituel, je n'arrivais plus à bouger mon doigt. C'était comme une crampe, mais pas une crampe normale. Je pense que mon strap était un peu trop serré et m'empêchait d'avoir une circulation sanguine normale. J'ai eu besoin de comprendre ce qui m'arrivait, c'était effrayant. Après quelques minutes, progressivement, mes sensations sont revenues.

Q/ Vous semblez toujours au top à 32 ans, jusqu'où allez vous aller?

RN : "Et pourtant, je vous assure que j'ai bien 32 ans, et que je le ressens comme tel. Si vous m'aviez dit, il y a sept ou huit ans, qu'à 32 ans je continuerais à me retrouver ici, avec ce trophée, j'aurais répondu que c'était impossible. Et pourtant nous voilà, mais je me préoccupe pas de l'avenir. Le tennis est une partie importante de ma vie cela ne fait aucun doute, mais ce n'est pas tout. Beaucoup d'autres choses me rendent heureux. Je ne suis pas inquiet. Tant que je serai heureux, j'essaierai de continuer à jouer. Et quand ça changera, ce sera le moment de passer à autre chose." 

Q/ Vous êtes maintenant a 17 titres en Grand Chelem, vous vous rapprochez de Federer, est-ce que vous y pensez?
RN : "Laissez-moi profiter de celui-ci. Je ne peux pas toujours penser au fait d'en avoir plus. Bien sûr, j'en ai l'ambition et je ressens toujours la même passion pour mon sport, mais je ne peux être constamment obsédé par tout ça. Ce n'est pas possible de vivre avec un sentiment permanent de frustration, de se dire : il a plus d'argent, une plus grande maison, ou plus de titres du Grand Chelem. Il faut savoir savourer ce qui vous arrive, ne pas être envieux des autres qui en ont davantage. Je ne suis pas ce genre de personne. Bien sûr j'aimerais aussi avoir 20 titres du Grand Chelem, ou plus, mais pour être honnête, ce n'est pas quelque chose qui m'occupe l'esprit. Dix-sept est déjà un chiffre incroyable, je me sens chanceux d'en être arrivé là. Ca ne veut pas dire que je ne vais pas continuer à me battre, mais je vais surtout me battre pour mon bonheur." 

Et maintenant, quel sera votre prochain tournoi? 
RN : "C'est difficile à dire. Ma saison sur terre était longue et usante. De retour de blessure, j'ai joué tous les matchs possibles. Les deux derniers mois ont été difficiles et exigeants. L'an passé, j'ai eu l'impression de bien jouer sur gazon, d'avoir fait trois bons premiers matchs. Ma préparation s'était vraiment bien passée. Mais là, je vais faire ce qui est le mieux pour moi, je dois en parler avec mon équipe et faire ce qui est le mieux pour mon corps. J'aimerais pouvoir jouer le plus vite possible, d'autant que le changement de la terre au gazon est significatif. Quand j'étais plus jeune, je pouvais enchaîner plus rapidement. J'ai besoin de prendre un peu de temps, et voir comment je me sentirai dans quelques jours."